Mobilisation du 17 octobre : des couvre-feux dans plusieurs villes françaises
Un couvre-feu dans certains quartiers de Paris, notamment le secteur des Halles et la place de la République, de 23 heures à 6 heures. La mesure concerne tout le public, pas seulement les mineurs, précise la préfecture de police de Paris. Il s'agit de “protéger les personnes et les biens des risques de violences et de pillages commis ces derniers jours”.
Dans le Nord, plusieurs quartiers de Lille, Douai, Wattignies et Denain vont aussi entrer en couvre-feu à partir de 20 heures et jusqu’à 6 heures du matin. Cette mesure, pour le moment instaurée pour les deux prochains jours, concerne uniquement les mineurs dans ces communes.
Le maire de Nice, Eric Ciotti, annonce lui aussi l'introduction d'un couvre-feu pour les mineurs à partir de lundi soir. Il s'appliquera de 21 heures à 6 heures, dans les rues du centre de la ville, afin de protéger les Niçois des “hordes de racailles qui ont déferlé ce week-end dans les rues”, selon les termes employés sur X par l'élu des Alpes-Maritimes.
Serge Papin, le ministre du Commerce a annoncé sur X une réunion avec le ministère de l’Intérieur et de la Justice ainsi qu’avec les plateformes de revente en ligne, alors que des articles volés en marge de la mobilisation du 17 octobre, puis dimanche “sont proposés à la vente sur certaines plateformes”. “Nous attendons de ces plateformes qu’elles retirent sans délai les annonces en question”, écrit le ministre. “De tels comportements ne resteront pas impunis”, a-t-il assuré.
Sur le site 17octobregiletjaune.net, cette coordination a affiché une carte des mobilisations prévues le 24 octobre avec déjà plusieurs dizaines d’actions programmées. “Il y a clairement une énorme poussée pour qu’il y ait un Acte II”, a expliqué à l’AFP Benjamin Ball, éditeur de ce site.
Quatre enquêtes ouvertes par l’Inspection générale de la police nationale
Quatre enquêtes IGPN (Inspection générale de la police nationale) ont été ouvertes après les violences survenues samedi 17 octobre et dimanche 18 octobre dans plusieurs villes de France, en marge de la mobilisation contre la vie chère.
Parmi ces enquêtes, une est ouverte en co-saisine avec l’IGGN (l’Inspection générale de la gendarmerie nationale), après qu’un mineur a eu la main arrachée samedi par une grenade à Saint-Etienne. Une autre enquête a été ouverte par l’IGPN après qu’une adolescente a été blessée samedi en marge de la journée de mobilisation à Mulhouse et a perdu un œil. Une troisième enquête a été ouverte et l’IGPN saisie après la plainte d’un manifestant blessé au crâne lors de la manifestation samedi à Paris. On n’a pas de précision sur la quatrième enquête à ce stade.
En parallèle de ces enquêtes, depuis le début du mouvement des lycéens, 36 enquêtes IGPN, la “police des polices”, ont été ouvertes. Un chiffre confirmé par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez qui précisait que quatre concernaient “des blessures mutilantes”.
De nombreux rassemblements organisés devant des mairies
De nombreux rassemblements se sont déroulés devant les mairies des communes de France, deux jours après les dégradations de plusieurs d’entre elles en marge du mouvement du 17 octobre, comme à Limoges et à Marseille. “Incendier une mairie, agresser ses agents, les menacer de mort comme à Limoges, sont des actes qui vont bien au-delà du symbole”, avait écrit l’Association des maires de France dans son appel. “C’est une attaque organisée contre ce que nous avons en commun de plus précieux : la paix civile et nos libertés publiques fondamentales.”
Une centaine de personnes s’est rassemblée à Brest, Quimper, Lorient, Perpignan, Caen ou Dijon. Le double était présent à Metz, et une soixantaine de personnes se sont réunies à Clermont-Ferrand.
A Paris, le maire Emmanuel Grégoire a estimé, devant une centaine de personnes, que “tant qu'il n'est pas donné de réponse politique à la crise, ça ne se résoudra pas”. A Cannes, le maire, patron de l'AMF et aussi candidat à la présidentielle David Lisnard a tenu un discours très offensif : “On ne veut pas de bougie, on ne veut pas pleurer, on ne veut pas de peluches, on ne veut pas de grandes déclarations”, a tancé celui qui dénonce des gouvernants “imprévoyants qui ont laissé ce pays se dégrader”.
Parcoursup publie ses résultats en pleine contestation sociale
Au lendemain d’un week-end houleux, le ministère de l’Enseignement supérieur publie les derniers chiffres de l’édition 2026 de Parcoursup, qui regroupe près de 25 000 formations reconnues par l’Etat (licences, BTS, BUT, classes préparatoires - CPGE, écoles d’ingénieurs ou de commerce, etc.).
Accusée de trier les élèves et de manquer de transparence, la plateforme est déjà régulièrement critiquée pour le stress qu’elle engendre chez les jeunes et leur famille. Ces résultats arrivent donc en plein conflit social, même si dans les contributions sur la plateforme de concertation, lancée au début du mois par le gouvernement pour répondre à la colère lycéenne, le sujet n’intervient qu’en 5e position, derrière les emplois du temps et le bâti scolaire.
Pour cette édition 2026, les différentes phases ont eu lieu, comme d’habitude, de mars à septembre, en incluant les demandes principales et complémentaires. À ce jour, parmi les lycéens qui ont passé leur bac en juin dernier, plus de 90% des lycéens qui ont formulé des vœux ont reçu au moins une proposition d’admission. Cela représente 50 000 qui n’ont rien eu. Cela dans un contexte d’un nombre encore record d’inscriptions sur la plateforme : 1 046 000, soit 66 000 inscriptions de plus qu’en 2025.
En juillet dernier, à la fin de la phase principale d’admission, ils étaient 100 000 élèves à n’avoir reçu aucune réponse de formation. Puis, entre juillet et septembre, les déçus ont pu postuler là où il restait des places, sans assurance que ce soit des cursus qui leur plaisent ou qui correspondent à leur projet professionnel. D’autres encore quittent la plateforme, pour aller dans une école privée hors Parcoursup, ou chercher du travail.
Le système devrait être un peu remodelé en 2027. C'est la promesse du gouvernement : des groupes de travail doivent réfléchir aux améliorations possibles, en fonction des remontées des lycées. Tout cela doit être annoncé d’ici la fin octobre.
La connexion à Starlink toujours limitée dans plusieurs secteurs du front ukrainien
Les capacités de connexion au réseau satellitaire Starlink/Starshield de SpaceX restent encore limitées “dans plusieurs secteurs du front” en Ukraine. “Malheureusement, nous avons établi que les équipements cessent de fonctionner à des vitesses de 130 à 161 km/h dans plusieurs secteurs du front”, a déploré Volodymyr Zelensky, dans un message sur X.
En conséquence, selon le président ukrainien, “cela ralentit notre logistique au front et limite l'utilisation de plusieurs types de drones”, notamment ceux permettant d'intercepter les drones à réaction russes, pouvant atteindre jusqu'à 600 km/h. “Cette question doit être à nouveau soulevée aujourd'hui avec nos partenaires à tous les niveaux : la rapidité est essentielle lorsqu'il s'agit de protéger des vies.”
Kiev a accusé la semaine dernière Washington de limiter délibérément les vitesses auxquelles le réseau satellitaire de l’entreprise américaine SpaceX d’Elon Musk peut être efficacement utilisé, après que Donald Trump a critiqué les frappes ukrainiennes contre des raffineries russes.
L’Ukraine utilise le système de SpaceX pour les communications sur le champ de bataille, les frappes de moyenne portée contre les territoires occupés par la Russie et les drones intercepteurs. Elle utilise également le système civil Starlink, mais pas pour des opérations militaires.
Des restrictions avaient été relevées mercredi dernier par des sources ukrainiennes. Elles impliquaient que le signal entre un satellite et une antenne soit interrompu lorsque cette dernière se déplaçait au-delà d’environ 160 km/h, compliquant en particulier les missions de drones intercepteurs et certaines frappes à moyenne portée.
Le fichier national d’identification des chiens et chats victime d’un piratage
C’est une alerte sérieuse pour les propriétaires de chiens et de chats. Le site spécialisé dans le recensement des fuites de données, FrenchBreaches, affirme qu’un pirate propose à la vente, sur un forum cybercriminel, des données issues de l’I-CAD, le fichier national d’identification des chiens, des chats et des furets. Le site a déjà été victime d’une cyberattaque auparavant.
Ce pirate, qui se présente sous le pseudonyme de ChimeraZ, affirme détenir des données concernant 2,9 millions de propriétaires d’animaux et 50 000 vétérinaires. Parmi les informations potentiellement exposées figureraient des noms, des coordonnées et des données d’identification. L’origine technique de cette nouvelle exposition reste toutefois à établir.
FrenchBreaches indique avoir analysé des échantillons de cette fuite. Ceux-ci contiennent “des enregistrements structurés associant des informations sur les animaux à celles de leurs détenteurs”. On y trouve notamment les noms et prénoms des propriétaires, les numéros d’identification par puce électronique ainsi que les noms des animaux. Ces renseignements pourraient permettre d’associer un animal à son propriétaire et ainsi faciliter des tentatives de fraude ciblées.
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Concernant les données relatives aux 50 000 vétérinaires, un échantillon consulté par FrenchBreaches ferait notamment apparaître les noms des professionnels, leurs numéros de département ainsi que leurs identifiants professionnels.
L’I-CAD centralise les informations permettant d’identifier les animaux par puce électronique ou tatouage et de les associer à leurs détenteurs. Sa gestion est assurée par Ingenium animalis dans le cadre d’une délégation du ministère chargé de l’Agriculture, rappelle FrenchBreaches. Ces données sont utilisées notamment par les propriétaires d’animaux, les vétérinaires, les refuges, les fourrières et les professionnels de la filière animale. Elles permettent entre autres de retrouver un animal perdu.
Le fichier avait déjà été touché par une cyberattaque en septembre 2025. À l’époque, le gestionnaire du site avait identifié une faille et assuré avoir renforcé la sécurité et la surveillance de ses systèmes. En août dernier, l’I-CAD avait de nouveau alerté ses usagers après le signalement de messages frauduleux contenant certaines de leurs informations personnelles.


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