La guerre, la vraie guerre n’est pas un match de foot. Qui, comme le fait actuellement le président des États-Unis dans les psalmodies absurdes dont il a le secret, se conclut par la reprise de la chanson de cours d’école : « on a gagné, les doigts dans le nez ». Même si ce texte tentera de souligner la défaite américaine, et malgré la tentation, on épargnera au lecteur la strophe suivante sur la façon dont « on a perdu ».

Tigre de papier, le retour

Ainsi entendons-nous quotidiennement beaucoup de commentaires, qui opposent aux absurdités de Donald Trump, reprises par l’abruti cosmique qui lui sert de « secrétaire à la guerre », une lecture plus proche de la réalité. Celle d’une défaite stratégique des États-Unis (et d’Israël au passage) incapable d’atteindre aucun des objectifs stratégiques, parfois contradictoires, égrainés au fur et à mesure de sa déroute. Catastrophique parce qu’à mesure du dévoilement, sa propagande apparaît pour ce qu’elle est : absurde. Avec l’épuisement des stocks qui fait apparaître la machine militaire de l’Empire comme étant à l’os, la destruction en profondeur des installations américaines dans la zone, les pertes humaines sans commune mesure avec ce qui est mensongèrement annoncé, l’incapacité de mettre en œuvre un blocus de l’Iran, complètement fantasmé, la farce grotesque de la soi-disant récupération d’un pilote servant de couverture à une opération à la fois désastreuse et ridicule, l’incapacité d’une marine de guerre pléthorique à accomplir ses missions et préférant rester prudemment à distance des théâtres d’opérations, etc… N’en jetons plus, la coupe est pleine, ou plutôt synthétisons : militairement, l’Empire n’est plus qu’un « tigre de papier ». Et ce n’est d’ailleurs pas un scoop, Mao Tsé toung nous avait déjà prévenu en son temps. ( 反动派看起来很强大,实际上并没有那么强大。真正强大的是人民).

Parce qu’en fait, malgré les budgets vertigineux alloués aux industries de défense, si l’on regarde bien, depuis 1945, les États-Unis ont perdu toutes les guerres dans lesquelles ils ont été impliqués. Celle contre la Corée du Nord et la Chine au début des années 50 après la catastrophe de la bataille du réservoir de Chozin. Le Vietnam ensuite, l’Afghanistan, l’Irak l’Ukraine par proxy et maintenant l’Iran, cela tourne à la litanie. Malheureusement pour eux, ces défaites contre des adversaires inférieurs nourrissent la conviction qu’ils seraient incapables de mener une guerre conventionnelle de haute intensité contre des pairs. La Chine ou la Russie par exemple… Le problème est que l’ensemble de l’Occident s’est longtemps auto-intoxiqué, notamment depuis la chute de l’Union soviétique, sur l’apparente puissance américaine. Et il lui est difficile de s’abandonner à l’anxiété que génère la disparition de ses rêves, ni préférant la méthode Coué.

Les pays de l’Union Européenne constituent le plus bel exemple de ce déni pathologique. Qui s’engagent directement (Ukraine) ou indirectement (Moyen-Orient) dans des guerres absurdes. Où on les voit se tirer quotidiennement des obus de mortier économiques dans les pieds, et fantasmer sur des réarmements militaires dont ils n’ont définitivement plus les moyens. Le plus bel exemple est donné avec l’illégale guerre d’Iran, que les pays européens ont refusé de condamner pour ce qu’elle était, c’est-à-dire un crime contre la paix. Et qui viennent maintenant pleurnicher sur les conséquences économiques et sociales aussi dramatiques qu’elles étaient prévisibles et qui se profilent pour leurs peuples.

Répétons-le, il n’est pas sérieux de proclamer que « l’Iran a gagné la guerre », car le problème ne se pose absolument pas dans ces termes. Mais on peut quand même paraphraser ce que disait Joffre à propos de la première bataille de la Marne en septembre 1914 : « je ne sais pas qui a remporté la bataille de la Marne, mais je sais qui l’aurait perdue ». Transposable à 2026 cela donnerait « nous ne savons pas qui a remporté la guerre USA/Iran, mais nous savons qui l’a perdue ».

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