Ouverture du sommet de l’Otan en Turquie
Rarement un sommet de l’Otan se sera tenu dans un contexte aussi tendu. Réunis les 7 et 8 juillet à Ankara, les chefs d’État et de gouvernement des 32 pays membres de l’alliance militaire tenteront d’afficher un front uni alors que la guerre en Ukraine est entrée dans sa cinquième année, que le Moyen-Orient reste marqué par les récents affrontements entre Israël, les États-Unis et l’Iran, et que Donald Trump multiplie les attaques contre l’organisation.
Officiellement, ce 36e sommet doit permettre de “faire le point sur les progrès accomplis depuis le sommet tenu à La Haye en 2025 et de fixer le cap à suivre pour que l’Otan continue d’atteindre ses grands objectifs”. Quatre grands enjeux devraient dominer les discussions.
Pour les Européens, l’enjeu sera autant militaire que politique car il s’agira de convaincre Washington que l’Europe assume désormais une part plus importante de sa sécurité, afin d’éviter une nouvelle crise transatlantique.
Cette volonté de rassurer les États-Unis passe aussi par un effort de réarmement sans précédent. Lors du sommet de La Haye en 2025, les alliés se sont engagés à porter leurs dépenses de défense à 5% de leur produit intérieur brut.
Si l’Ukraine n’est toujours pas membre de l’alliance militaire, malgré une candidature vieille de près de vingt ans, son avenir demeure étroitement lié à celui des pays occidentaux. L’Otan affirme d’ailleurs que “notre sécurité est indissociable de celle de l’Ukraine” et prévoit de renforcer encore son soutien afin de répondre aux besoins les plus urgents du pays.
Pour la Turquie, ce sommet constitue aussi une vitrine diplomatique. Il s’agira du deuxième organisé sur son territoire, après celui d’Istanbul en 2004. En marge des réunions politiques, Ankara accueillera également le Forum des industries de défense de l’Otan sur le site de Turkish Aerospace, où industriels et responsables militaires présenteront les capacités technologiques du pays.
Pour Recep Tayyip Erdogan, ce sommet est aussi l’occasion de marquer des points sur la scène internationale. En coulisses, Ankara espère également obtenir un assouplissement des restrictions qui pèsent sur son industrie de défense.
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Les restrictions d’eau se sont aggravées depuis une décennie
Les restrictions d’eau se multiplient en France. Les mesures concernent aussi bien les particuliers que les agriculteurs, les industriels ou les collectivités. Alors que le printemps a été particulièrement sec et chaud, avec un épisode caniculaire inédit en mai, près de 50% du territoire français est déjà touché par au moins une mesure d’économie d’eau.
Mises en œuvre par les préfets via des arrêtés sécheresse, elles peuvent concerner l’eau du robinet, les prélèvements dans les eaux dites superficielles des cours d’eau et lacs, ou bien les eaux souterraines des puits et forages. Les interdictions se multiplient, allant de la mesure d’alerte à l’alerte renforcée, et enfin la crise, le seuil le plus élevé.
Une partie de ces restrictions protège les eaux superficielles, c'est-à-dire les cours d'eau et les lacs. Plus de 30% du territoire français est actuellement concerné par une mesure de ce type, une tendance qui se reproduit désormais presque chaque été.
On assiste à une hiérarchisation des usages. L’arrosage, le lavage des voitures ou le remplissage des piscines sont les premières utilisations interdites. Puis vient l’irrigation agricole, réduite voire interdite en journée avec pour objectif de préserver l’alimentation en eau potable.
Depuis 2015, plus de la moitié des départements français ont connu des restrictions durant l'été. Des départements habituellement épargnés, comme le Finistère, ou la Manche, ont subi pour la première fois une situation de crise en 2022. Dans les Pyrénées-Orientales, les communes enregistrent les épisodes de limitation d'usage de l'eau les plus longs de l'Hexagone.
Avec des étés de plus en plus chauds et secs, la consommation d’eau grimpe en flèche. Mais les stocks pour y faire face sont très variables selon les territoires, inégalement dotés en cours d’eau et nappes phréatiques.
Un peu plus de la moitié de l’eau consommée, c’est-à-dire non restituée à l’environnement, est utilisée pour des activités agricoles. Dans le Sud-Ouest, en Charente ou dans le bassin versant Mayenne-Sarthe-Loir, cette part dépasse 90% en été.
Si l'été est la période critique, plus aucune période de l'année n'est à l'abri du manque d'eau en France. De plus en plus régulièrement, des communes connaissent des interdictions d'usage de l'eau dès le printemps. En août 2022, plus de la moitié des 35 000 communes de France ont été simultanément en situation de crise, le plus haut niveau de restrictions.
Face à l’urgence des situations de crise, les arrêtés sécheresse parviennent le plus souvent à épargner l’eau potable, ou la lutte contre les incendies. Mais, avec l’aggravation de ces épisodes, la gestion de la ressource devient un sujet de plus en plus brûlant.
L’unique usine française produisant les corps d’obus du canon Caesar craint de disparaître
José Navarro ne cache plus son inquiétude. Secrétaire départemental de la CGT Finances publiques dans les Hautes-Pyrénées, il suit depuis plusieurs années le dossier de cette usine stratégique, seule en France à fabriquer les corps d'obus destinés notamment au canon Caesar. Ce canon de 155 mm est aujourd'hui la principale pièce d'artillerie de l'armée de Terre française. Utilisé par plusieurs armées étrangères, il est aussi devenu un symbole du soutien occidental à l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe.
Les craintes de José Navarro ont été ravivées ces dernières semaines. Le 11 juin, Europlasma, maison mère des Forges de Tarbes, a annoncé une perte nette de 35 millions d’euros pour 2025 et reconnu des incertitudes sur sa capacité à poursuivre son activité. Dans le même temps, plusieurs filiales du groupe ont été placées en redressement ou en liquidation judiciaire : Satma Industries, FP Industries puis, début juillet, la Fonderie de Bretagne.
José Navarro affirme avoir alerté depuis plusieurs années sur les fragilités d’Europlasma. Mais en 2021, le groupe girondin est accueilli comme un sauveur. À l’époque, Forges Industry – l’ancien nom des Forges de Tarbes – est menacée de disparition. Europlasma est le seul candidat à la reprise. Son projet est soutenu par les syndicats, les élus locaux et l’État.
Un élément suscite toutefois déjà des interrogations. Pour financer cette reprise, Europlasma s'appuie sur Alpha Blue Ocean, un fonds d'investissement domicilié aux Bahamas et à Dubaï, dirigé par les Français Pierre Vannineuse et Hugo Pingray. Le fonds est régulièrement critiqué pour ses financements dits “alternatifs” – par obligations convertibles assorties de bons de souscription d'actions (OCABSA) –, un mécanisme qui permet de convertir progressivement une dette en actions nouvelles.
Mais à chaque conversion, la participation des actionnaires existants est diluée, ce qui entraîne un effondrement du cours de Bourse, aux détriments des petits porteurs et de leurs économies. Chez Europlasma, le titre ne vaut plus qu'une fraction de centime d'euro aujourd'hui.
Pour José Navarro, un homme a largement contribué à rassurer les salariés à l’époque de la reprise : Laurent Collet-Billon, ancien délégué général pour l’armement entre 2008 et 2017, administrateur d’Europlasma au moment de la reprise, et aujourd’hui encore. “On s’est dit que si l’ancien patron de la DGA [Direction générale de l’Armement] soutenait ce projet, c’est qu’il était solide.”
Les relations sociales se sont progressivement dégradées. Deux représentants syndicaux successifs ont fait l'objet de procédures engagées par la direction d'Europlasma.
Ces derniers mois, leurs inquiétudes ont trouvé un écho jusque dans les travaux de l’Assemblée nationale. Dans son rapport sur “la prédation des capacités productives françaises par les fonds spéculatifs”, la commission d’enquête parlementaire – dont la députée LFI Aurélie Trouvé était rapporteure – cite le cas d’Europlasma parmi les principaux exemples étudiés.
Autre sujet d’inquiétude : les Forges de Tarbes ne sont plus propriétaires de leurs murs. Plusieurs salariés racontent avoir découvert cette cession presque par hasard. Le ministère des Armées tient à distinguer la situation des Forges de Tarbes de celle des autres filiales d’Europlasma. Il estime que le site “est en bonne santé” et que “la reprise est un succès”. Le ministère assure suivre “de près” la situation afin de préserver cette capacité industrielle, toujours jugée stratégique pour la souveraineté nationale.
Du côté du ministère chargé de l’Industrie, on reconnaît qu’Europlasma a permis de maintenir en activité les entreprises reprises, “mais pas les investissements nécessaires à leur retour à l’équilibre”.
Édouard Philippe fixe le cap de sa campagne présidentielle lors de son premier meeting à Paris
5 200 personnes sont venus assister au premier meeting d’Édouard Philippe. L’ancien Premier ministre, qui devance ses rivaux de la droite et du centre dans les intentions de votes, a réuni ses partisans pour le lancement officiel de sa campagne présidentielle dans l’enceinte de l’Adidas Arena, à Paris.
Accusé par ses adversaires et concurrents de promettre du “sang et de larmes”, il réplique en annonçant “une campagne heureuse, joyeuse et optimiste”. Et dévoile, au bout d’une heure vingt de discours, son slogan de campagne : “Croire en nous”.
À quelques jours de ce rendez-vous, Édouard Philippe avait engrangé des soutiens dont la plupart sont encartés chez Renaissance, le parti de Gabriel Attal. D’abord Maud Bregeon, la médiatique porte-parole du gouvernement Lecornu, mais aussi Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique, lui aussi chez Renaissance.
Tous les deux sont aussi des soutiens de Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, dont l’arrivée prochaine dans l’équipe de campagne du maire du Havre ne serait pas une surprise.
Sans aller jusqu’au ralliement, Laurent Wauquiez a semé la zizanie dans son propre camp en tendant la main à Édouard Philippe dans une interview au Figaro alors que son parti a pourtant officiellement investi Bruno Retailleau comme candidat.
S’il a attaqué frontalement le RN et LFI en les nommant, Édouard Philippe n’a pas cité expressément Bruno Retailleau ou Gabriel Attal, ses rivaux au sein de l’espace du centre et de la droite. Mais, quelques allusions n’ont pas manqué, notamment à l’égard du patron du parti présidentiel, adepte de la communication sur les réseaux sociaux. “Je ne vais pas exhiber ma vie privée ou ma vie familiale, ce n’est pas le genre de la maison”.
L’ex-chef du gouvernement s’est attelé à “dire” qui il était et “où” il voulait aller. Se présentant comme “un Normand”, “fils de la classe moyenne”, arrière-petit-fils de “Louis-Philippe, un docker du Havre”, d’une mère – présente dans la salle, comme son épouse – issue d’une famille du Nord, Édouard Philippe a raconté une enfance où il n’a manqué “de rien” et surtout pas d’amour.
Ce court dévoilement de son histoire personnelle permet surtout à Édouard Philippe de rendre un hommage appuyé à l’école républicaine, fil rouge de son discours et pierre angulaire de sa campagne.
Édouard Philippe déroule aussi ses thèmes de prédilection que sont la nécessaire réduction de la dette et l’allongement de la durée du temps de travail. Pour le détail du programme, il faudra patienter. L’heure était au lancement d’une dynamique, mais aussi à la nécessité de s’éloigner du macronisme.
Cambriolage du musée Lalique dans le Bas-Rhin
“Le musée Lalique a été la victime d’un cambriolage le 5 juillet au petit matin”, explique l'établissement situé à Wingen-sur-Moder (Bas-Rhin) sur ses réseaux sociaux. Le musée, qui abrite quelque 650 œuvres du maître verrier René Lalique, restera fermé au public pendant plusieurs jours. La porte d'entrée du musée et six vitrines ont été brisées.
Plusieurs millions d'euros de bijoux ont été dérobés par plusieurs individus cagoulés. Une enquête de la gendarmerie est en cours, confiée désormais à la section de recherche de Strasbourg.
Le maire de Wingen-sur-Moder et vice-président du musée, Christian Dorschner, souligne le caractère exceptionnel des objets dérobés. “C’est du patrimoine qui a été volé, patrimoine des musées de France, patrimoine que René Lalique a créé dans les années 1900. Ce sont des pièces uniques qu’il avait créées à l’époque en bijouterie à Paris, ce sont des pièces invendables”, déclare-t-il.
L’élu s’interroge également sur les conditions d’intervention après le déclenchement des dispositifs de sécurité. “Toutes les alarmes étaient en place, la vidéosurveillance, tout fonctionnait, tout était enclenché. On a une société de télésurveillance qui est embauchée pour ça, qui est missionnée pour ça, qu’on paie”, s’énerve-t-il.


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