La Suisse est souvent décrite comme un coffre-fort mondial : secret bancaire, optimisation fiscale, argent des dictatures, fortunes opaques, refuge légal de capitaux douteux. Bref : un klepto-État de fait.
Mais il existe une question plus grave encore, plus insoutenable, plus rarement posée :
la Confédération suisse peut-elle aussi être accusée d’être un pédo-État ?
Non pas parce que tout un peuple serait coupable. Non pas par slogan gratuit. Mais parce que les faits, les chiffres et les dossiers montrent une réalité accablante : des citoyens suisses apparaissent de manière disproportionnée dans plusieurs affaires et données internationales d’exploitation sexuelle d’enfants dans le tourisme et les voyages - SECTT/ESEVT - tandis que l’État suisse dispose d’outils juridiques extraterritoriaux puissants, mais les mobilise trop peu, trop tard, trop faiblement.
Or nous l'avons vu dans le cas de la RTS : des pédocriminels organisés et se protégeant mutuellement ont opéré au sein d'une multinationale contrôlée par l'Etat Suisse. Pire, les affaires ont été présentée mensongèrement par une certaine presse comme détachées, indépendantes, voire même de simples artefacts statistiques sous-entendu inévitables. C'est ce complexe qui doit être interrogé, et nous l'interrogeons ici en prenant justement du recul statistique.
Dans cette vidéo, nous présentons un réquisitoire à charge contre l’État suisse.
Les faits centraux :
Au Cambodge, selon une présentation BKA/ECPAT, les données Allemagne-Autriche-Suisse indiquent, pour 2015, 13 signalements allemands contre 8 suisses, 6 arrestations allemandes contre 5 suisses, 4 jugements allemands contre 3 suisses. Mais rapporté aux entrants masculins - 53 779 Allemands contre 12 522 Suisses - le signal suisse devient environ 2,6 fois supérieur pour les indications, 3,6 fois supérieur pour les arrestations, et 3,2 fois supérieur pour les jugements.
Au Kenya, selon une étude UNICEF/Gouvernement, les clients étrangers cités dans l’exploitation sexuelle d’enfants comprenaient 18 % d’Italiens, 14 % d’Allemands et 12 % de Suisses. Rapporté à la population nationale de l’époque, le signal suisse devient environ 9 fois supérieur au signal allemand.
A Madagascar l'affaire Gogniat montre le parcours emblématique d’un ressortissant suisse condamné, poursuivi ou signalé dans plusieurs juridictions puis blanchi entièrement en Suisse, et pose une question générale simple : combien de récidives internationales deviennent possibles quand la surveillance, la coopération et les poursuites sont insuffisantes ?
À Madagascar, en Thaïlande, aux Philippines, au Cambodge, au Kenya, en Inde et ailleurs, la question n’est pas seulement celle d’individus prédateurs. La question est celle d’un système : passeports puissants, mobilité, argent, coopération judiciaire lente, fragmentation fédérale, statistiques incomplètes, diplomatie discrète, poursuites rares, victimes étrangères laissées à distance.
La Suisse possède pourtant des armes juridiques. L’article 5 du Code pénal suisse permet de poursuivre en Suisse certains crimes sexuels commis à l’étranger contre des mineurs. Fedpol reconnaît que les auteurs exploitent les écarts entre systèmes policiers et judiciaires. Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU a signalé des insuffisances de données, de coordination et de régulation.
Alors pourquoi si peu de transparence ?
Pourquoi si peu de poursuites visibles ?
Pourquoi si peu de chiffres consolidés ?
Pourquoi l’État suisse semble-t-il plus efficace pour protéger la réputation de la Confédération que pour traquer ses ressortissants prédateurs à l’étranger ?
Cette vidéo n’est pas un jugement pénal contre chaque personne mentionnée. Les personnes non condamnées bénéficient de la présomption d’innocence. Mais politiquement, juridiquement et moralement, le dossier impose une accusation : l’État suisse a facilité de facto l’impunité de certains de ses citoyens dans le tourisme sexuel criminel et l’exploitation sexuelle d’enfants.
Sources principales utilisées : BKA/ECPAT Allemagne, étude UNICEF/Gouvernement du Kenya, APLE Cambodia, Fedpol, Comité des droits de l’enfant de l’ONU, Code pénal suisse art. 5, analyses juridiques sur la compétence extraterritoriale suisse.
Ce réquisitoire pose une question que la Confédération ne peut plus esquiver :
Quand un État sait, peut agir, dispose des moyens juridiques, mais laisse perdurer l’impunité, est-il encore seulement négligent - ou devient-il complice par structure ?
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Pédocriminalité Suisse. Partie 2 : La Responsabilité de l'Etat.
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