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Il y a une question que l’on évite, parce qu’y répondre engage. Elle tient en quelques mots et décide pourtant d’une vie entière : vivre, ou exister ?

Exister relève de la fonction. On traverse soixante-dix ou quatre-vingts années sans jamais rien risquer, sans jamais rien aimer assez fort pour en avoir peur. Vivre demande autre chose : prendre sa place, et accepter que le cœur cogne un peu trop fort certains soirs parce qu’on s’est avancé à découvert, qu’on s’engage, qu’on se confronte à l’existence et qu’on se découvre à nous-même.

La grande maladie de l’époque n’est pas la souffrance, c’est la résignation. Une résignation qui s’est trouvée des mots présentables, la lucidité, le réalisme, et qui recouvre une peur que personne n’avoue : non pas la peur du malheur, mais celle du bonheur, qui oblige et qui expose. Celui qui fait vivre.

Dans ce premier numéro, je relie des choses que l’on sépare toujours, l’engagement dans la cité, dans la citoyenneté, dans le combat et l’amour, parce qu’ils réclament le même courage, celui de ne pas rester sur le seuil quand une porte est restée entrouverte au risque de refermer la pierre tombale sur votre “existence” où il n’y a rien à écrire dessus au crépuscule de votre vie.

Voici mon premier podcast pour ouvrir cette série.

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