En 2012, Jean-François Copé avait déposé un recours pour moins que ça, et l’UMP s’était déchirée pendant des semaines. Cette fois, Raphaël Glucksmann remporte la primaire du PS avec 66 % et 80 000 voix surgies du chapeau, et pas un responsable socialiste ne lève le petit doigt. Le silence est le fait du jour. Il en dit plus long que les communiqués de victoire.

Primaire PS : le parti qui ne veut pas compter

Aucune ventilation détaillée du scrutin n’est publiée, ni d’où viennent ces voix ni qui les a apportées. Je tiens cette primaire pour une putain de blague, et l’accusation que je porte tient en un chiffre : une opération d’ingérence à 750 000 euros, dans une consultation où l’on comptait 140 000 votants. « Imaginez seulement si c’était une ingérence russe, la victoire de Raphaël Glucksmann. » Le vacarme serait assourdissant. Là, rien, parce que le bénéficiaire plaît aux plateaux. Ce que je reproche à Glucksmann, c’est de mener une OPA sur un parti qui n’a rien demandé, avec les millions du PS et un accès illimité aux médias, pour un agenda que je juge anti-français. Je tiens sa candidature pour une escroquerie politique : un ancien conseiller de Saakachvili, entouré de transfuges du macronisme, qu’on veut nous faire passer pour « la gauche ». C’est un homme de droite, et le « moment historique » qu’il invoque ressemble surtout à une promotion interne. Pendant ce temps, Mélenchon remplit le Zénith de Clermont-Ferrand, quand Gabriel Attal parle à douze personnes à Lyon.

▶ 0:00 — Primaire PS : d’où sortent ces 80 000 voix ?
▶ 1:01:20 — « Une immense responsabilité » : la charge
▶ 1:09:36 — La Marseillaise et « l’escroquerie »
▶ 2:05:31 — La primaire PS, « une blague »

Lycéens : 6 877 gardes à vue, dont 86 % de mineurs

Il fallait un coupable à la colère des lycées, et la presse a choisi un collégien venu avec un fusil de chasse. Le but est de mettre dans la tête du boomer que l’adolescent est armé et prêt à tirer sur le proviseur, et de faire oublier le budget et les revendications. Les chiffres disent autre chose. En quinze jours, 6 877 gardes à vue, 5 914 mineurs, 2 376 poursuites. Les témoignages que je relaie décrivent des cellules sans caméra, des jeunes empêchés d’aller aux toilettes, insultés, giflés, dissuadés de demander un avocat. Face à cela, le président de la conférence nationale des procureurs, Frédéric Chevalier, plaide la normalité. Sur France Info, un général de gendarmerie parle sans que personne ne rappelle le mort de Notre-Dame-des-Landes, ni les 24 enquêtes de l’IGPN, ni les jeunes mutilés. Le ministre de l’Éducation, lui, inverse Samuel Paty et Dominique Bernard, et ce manque de respect en dit long sur la Macronie. Reste Aubagne : le tir d’un adolescent tombe à point nommé pour détourner le débat des violences policières. Ces gamins sont les enfants des gilets jaunes, ils respirent l’amiante de leurs lycées et on leur promet un monde en miettes. On ne les matraque pas, on les écoute.

▶ 16:07 — Le ministre confond Paty et Bernard ; les lycéens ont peur
▶ 24:53 — 6 877 gardes à vue en 15 jours
▶ 33:19 — France Info face aux violences policières
▶ 2:11:14 — Aubagne récupéré

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Dix ans de Macron : c’est toujours nous qui payons

David Amiel s’inquiète que 80 % de la hausse de la dépense publique soit allée aux retraités et à la santé plutôt qu’à la jeunesse. Le gouvernement, lui, ne demande aux retraités qu’un effort limité, puisque l’année est électorale. Yaël Braun-Pivet explique qu’elle préfère le 49.3 aux ordonnances ou à la loi spéciale : le budget passera au forceps, sans débat réel. Le FMI dresse le bilan, avec 0,4 % de croissance pour la France contre 1,1 % pour la zone euro. Nous avons perdu dix ans, et même régressé. Gabriel Attal critique le contrôle continu qu’il a lui-même instauré, et la baisse du gazole financée par les stocks stratégiques profitera surtout à Total. À la télévision, les mandarins viennent expliquer que ce n’est pas la faute de Macron, mais celle du Covid ou de l’Ukraine. Cette gérontocratie de plateau réclame des leaders responsables sans avoir jamais été responsable de rien. Les décisions ratées étaient bien celles du président, et la 2CV de Macron sur fond d’industrie en miettes complète le tableau.

▶ 50:33 — Budget : Amiel, Braun-Pivet et le 49.3
▶ 1:18:41 — Attal retourne sa veste, FMI : la France dernière en croissance
▶ 1:25:53 — Le ministre Sébastien Martin et la 2CV
▶ 1:37:42 — « Ce n’est pas la faute de Macron »

Ukraine : un jeu de dupes, et une facture pour l’État social

Poutine manipulerait Trump : voilà ce qu’on raconte aux enfants. Chacun manipule l’autre, et le « RussiaGate » sert à rejeter sur Moscou tous les échecs de l’Occident. Pendant ce temps, l’Europe continue d’acheter des hydrocarbures et du nucléaire russes. Zelensky exige qu’on achète son diesel plutôt que le russe, faute de quoi il menace raffineries et bateaux. Ce n’est pas un deal, c’est ce que j’appelle du chantage. Viktor Orbán dénonce un convoi transportant dollars et lingots d’or via la Hongrie, y voit le plus gros scandale de corruption européen et soupçonne la complicité de l’UE. Je rappelle qu’il a lui-même largement profité de l’argent européen, et son accusation vaut ce que valent ses mains propres. Tulsi Gabbard dénonce l’État profond qui sabote la paix. Une chose me paraît sûre : « Une guerre, ça se fabrique d’abord par la propagande, et ensuite il faut quand même une industrie. » Cette industrie, on la financera sur le dos de l’État social.

▶ 1:41:29 — Trump veut punir Zelensky
▶ 1:50:45 — Gabbard accuse l’État profond
▶ 1:54:44 — Zelensky, le diesel et les raffineries
▶ 1:58:19 — Ce qu’Orbán dénonce sur le convoi d’argent ukrainien


Une primaire sans contestation, des lycéens sans avocat, un budget sans débat : le fil rouge de cette journée est le silence organisé de ceux qui devraient crier. Il ne tient que tant qu’on s’en accommode.


L’EDITO

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