Si la pensée corrompt le langage, le langage peut corrompre la pensée. Un mauvais usage peut se répandre par habitude et conformisme, même parmi ceux qui devraient être et sont les mieux informés.[1]

Entre vocabulaire institutionnel, influence des lobbys et construction des politiques publiques, la manière de nommer les enjeux (juridiques, économiques ou énergétiques) est devenue un sujet de débat démocratique majeur. Lorsque le politique et la technocratie infusent une idéologie dans l’évolution du langage, le risque d’une « novlangue » institutionnelle, telle que pensée par Orwell, devient palpable.

La novlangue, chez Orwell, vise précisément à réduire le champ de la pensée afin de rendre la contestation plus difficile. En simplifiant la syntaxe et en appauvrissant le vocabulaire, elle limite la capacité des individus à formuler une critique ou à nommer clairement ce qu’ils vivent. C’est pourquoi cette notion constitue un point d’entrée pertinent pour interroger le rôle du langage dans la construction du droit, de l’enseignement et du discours scientifique. Sous l’influence des pouvoirs politiques, économiques ou technocratiques, les mots peuvent progressivement orienter la perception du réel, jusqu’à en modifier la compréhension collective.

Ce contenu est réservé
à nos abonnés

Pour lire la suite et soutenir Praxis,
abonnez-vous à partir de 1€

Déjà abonné ?Je me connecte