En déplacement lundi 2 novembre dans une station-service de La Ville-du-Bois, dans l’Essonne, le ministre de l’Économie Roland Lescure a vanté devant les caméras de LCI la baisse du prix du gazole : « On a annoncé une baisse qui pourrait aller jusqu’à 18 centimes. Ici, on va au-delà, on est à 20 centimes en dessous. Évidemment, c’est important, ça veut dire que pour un plein de 45 euros, c’est 9 euros de moins. »

Le calcul du ministre ne tient pas. Une économie de 9 euros à raison de 20 centimes par litre suppose 45 litres, et non 45 euros. Au prix moyen d’environ 2,29 euros le litre relevé lundi par l’AFP sur plus de 8 600 stations, 45 euros achètent moins de 20 litres de gazole, ce qui ramène le gain à moins de 4 euros, tandis que les 45 litres évoqués par Roland Lescure coûtent plus de 100 euros. Le ministre de l’Économie et des Finances a donc confondu les litres et les euros devant les micros, cinq jours après avoir expliqué aux députés que les taxes sur les carburants ne l’empêchaient pas de dormir.

🚨🇫🇷⛽ FLASH | Roland Lescure provoque la polémique en évoquant un plein de carburant à 45 €, alors que cette somme ne suffit généralement pas à remplir le réservoir d’une voiture. « Pour un plein de 45 euros, c’est 9 euros de moins », affirme le ministre de l’Économie lors d’un déplacement en Essonne. https://t.co/02BW7GVEEi

— Novia News (@NoviaNewsGroup) November 2, 2026

Le 28 octobre, dans l’hémicycle, Roland Lescure avait admis que les carburants coûtent plus cher en France que la moyenne européenne parce que l’État les taxe davantage, avant de lancer en direction des bancs du Rassemblement national, selon RMC : « Moi ce n’est pas une taxe qui m’empêche de dormir. […] Ça permet de financer plein d’infrastructures, c’est très bien. » Marine Le Pen lui avait répondu sur X que ces taxes « empêchent des millions de travailleurs, d’entrepreneurs, de retraités et de familles de dormir et même de vivre », Jordan Bardella dénonçant un « insupportable mépris macroniste ».

Le refus de toucher aux taxes reste la ligne de Bercy, qui s’en remet à la vente de 10 millions de barils puisés dans les stocks stratégiques. Lundi, Roland Lescure a lui-même livré la nature de l’opération : « Ce sont des barils qui avaient été accumulés au fil du temps. C’est les Français qui l’avaient payé. » Le gouvernement présente donc comme un effort la restitution partielle d’un stock déjà financé par les contribuables, sans renoncer à un centime d’accise, et l’essence reste exclue du dispositif.

La baisse elle-même reste en deçà du discours ministériel. Selon l’AFP, le prix moyen du gazole a reculé d’environ 10 centimes lundi, passant d’environ 2,38 euros à environ 2,29 euros le litre, loin des 20 centimes affichés dans la station choisie pour la visite. Les députés se prononcent cet après-midi, mardi 3 novembre, par un vote solennel sur la partie recettes du budget 2027, où se jouent les amendements sur la fiscalité des carburants.