Dépendance technologique non anticipée, périls de l’IA jamais interrogés, surveillance de masse ignorée, parole de patrons prise pour une expertise neutre : la représentation nationale n’en finit pas de montrer son incompétence en confondant intérêts d’entreprises étrangères et intérêt collectif, au détriment de la souveraineté et des libertés démocratiques.

Le 12 mai 2026, Arthur Mensch, cofondateur et directeur général de Mistral AI, est auditionné par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les dépendances numériques de la France. En dépit de l’enjeu fondamental que représentent l’intelligence artificielle et la souveraineté numérique du pays dont ils sont les élus, seuls cinq députés sont présents dans la salle.

Un mois plus tôt, Mistral avait pesé de tout son poids pour affaiblir l’AI Act, la loi européenne censée encadrer l’intelligence artificielle, sans qu’aucun des cinq députés présents ne relève la contradiction. Un mois après, le 16 juin, le gouvernement rompait le contrat qui liait depuis dix ans les services de renseignement français à Palantir, l’entreprise fondée par Peter Thiel, milliardaire libertarien proche de Donald Trump — au motif de ne plus dépendre du « bon vouloir » d’un partenaire « capable de couper le robinet d’accès ». Entre ces deux dates, un rapport parlementaire du 15 juillet a établi que l’État avait dépensé entre un et un milliard et demi d’euros chez des géants américains du numérique, alors qu’il existait des alternatives européennes à prix équivalent. Trois épisodes, une même incurie : la France découvre systématiquement après coup ce qu’elle aurait dû anticiper, et sacrifie sa souveraineté à des intérêts qui ne sont pas les siens.

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