Vous avez accepté les caméras à chaque coin de rue. Bien sûr : vous n’aviez rien à vous reprocher.

Vous avez accepté le DSA, parce qu’il fallait « lutter contre les fake news ». Bien sûr : vous n’aviez rien à vous reprocher.

Vous avez accepté que vos mails soient lus, d’être écoutés par vos objets connectés, vous avez accepté la reconnaissance faciale, digitale. Bien sûr : vous n’aviez rien à vous reprocher.

Vous avez accepté les Pass de la honte, pour aller au ciné ou au restau, vous avez accepté de vous signer des auto-attestations pour aller faire pisser votre chien en bas de chez vous, vous avez accepté de faire voler en éclats le secret médical, vous avez accepté que des soignants soient suspendus, sans salaire ni recours. Bien sûr : vous n’aviez rien à vous reprocher.

Vous avez accepté la réforme des retraites et la nomination d’incapables à la tête des institutions les plus prestigieuses de l’Etat, vous avez accepté de voir des Français éborgnés, sans rien dire. Bien sûr : vous n’aviez rien à vous reprocher.

Vous avez accepté que le président de la République se maintienne et nomme ses amis à Matignon, après qu’il a perdu les élections à plusieurs reprises.

En toute logique, vous allez adorer ce qui suit. Après tout, vous n’avez rien à vous reprocher.

En septembre 2026, la France rendra obligatoire la facturation électronique pour toutes les transactions B2B entre entreprises assujetties à la TVA.

Dès le 1er septembre, toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, devront pouvoir recevoir des factures électroniques, tandis que les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) devront aussi les émettre.

Les PME, TPE et micro-entreprises suivront pour l’émission à partir du 1er septembre 2027

Concrètement, les factures ne pourront plus circuler en simple PDF par email ou sur papier : elles devront être émises dans des formats structurés (comme Factur-X, UBL ou CII) et transiter obligatoirement via des plateformes agréées par l’État, qui sont pour la plupart des entreprises privées immatriculées par la DGFiP.

Ces plateformes valident le format, acheminent la facture entre le fournisseur et le client, extraient les données fiscales essentielles et les transmettent rapidement à l’administration fiscale.

Voilà. Mais comme vous n’avez rien à vous reprocher, vous accepterez de vivre dans cette société du tout-contrôle. Ne restera qu’une chose à contrôler pour l’État ? Comment baisez-vous votre petit(e) ami(e) ? N’oubliez pas : vous n’avez rien à vous reprocher.

Et ce n’est pas une obligation européenne mais une décision française

L’obligation de facturation électronique qui entre en vigueur en France en septembre 2026 n’est pas une directive imposée directement par la Commission européenne. Il s’agit d’une réforme nationale décidée par le gouvernement français et votée dans la loi de finances.

La Commission européenne a adopté en mars 2025 la directive ViDA (VAT in the Digital Age), qui facilite ce type de mesures en supprimant, à partir de 2025, la nécessité pour les États membres d’obtenir une autorisation préalable pour imposer la facturation électronique au niveau national. Cette directive encourage la modernisation de la TVA et prévoit, à partir du 1er juillet 2030, l’obligation de facturation électronique structurée pour les transactions intra-UE, avec un reporting numérique en quasi-temps réel.

En résumé, la France a anticipé et va plus loin dès 2026 sur son territoire, tout en s’inscrivant dans ce contrôle européen plus large. La réforme française « prépare le terrain » pour les échéances européennes de 2030 sans être une contrainte imposée d’en haut pour la date précise de septembre 2026.