Chose promise chose due, j’ai annoncé sur les réseaux la publication de cet article dans la perspective de l’arrêt qui doit être rendu par la cour d’appel de Paris le 7 juillet dans l’affaire des attachés parlementaires du Rassemblement National au Parlement européen.
Ceux qui me suivent connaissent mon approche concernant l’utilisation de la justice à des fins politiques avec ses deux caractéristiques : d’abord cette utilisation n’est pas le fruit d’ordres donnés à une justice dépendante par le pouvoir exécutif, mais l’expression de la transformation de l’appareil judiciaire en corps politique autonome qui se détermine en fonction de sa propre idéologie. Ensuite, cet appareil judiciaire s’est mis résolument au service de la confiscation néolibérale du pouvoir institutionnel, et notamment en participant au coup d’État ayant installé Emmanuel Macron à l’Élysée en 2017. Et en le soutenant résolument depuis.
Avec le fameux triptyque : participation décisive à l’installation du candidat choisi par la haute fonction publique socialiste et l’oligarchie, protection judiciaire de son gang corrompu, répression féroce de ses opposants.
Aussi, dans la perspective de la prochaine échéance électorale présidentielle, on pouvait craindre la mise en place d’un nouveau coup d’État destiné à maintenir directement ou indirectement le macronisme au pouvoir. Donnant désormais l’image du désarroi voire de la panique, on voit le système et son chef, tenter fébrilement de préparer ce nouveau coup d’État. Avec deux alternatives, soit le trucage de l’élection elle-même, avec l’aide une fois encore de l’appareil judiciaire élargi à la justice administrative, soit le report de l’élection pour cause de guerre inventée contre la Russie. Ivre de narcissisme et de cocaïne, le psychopathe que plus personne n’écoute, semble y croire encore.
Mais la situation semble désormais se dégrader rapidement, et la praticabilité de ces modalités du nouveau coup d’État semble singulièrement se restreindre. Chauffée à blanc, l’opinion publique n’accepte plus les catastrophes successives qui renvoient à la destruction en profondeur de l’État-providence, par un individu qui n’avait rien à faire à ce poste. Les affaires se succèdent provoquant à chaque fois une explosion de rage qui ne s’éteint plus. Face auxquelles le psychopathe de l’Élysée répond par l’arrogance, le mépris et la provocation. Et il semblerait que le bloc au pouvoir et le système institutionnel sur lequel il s’appuie soit désormais traversé de lourdes contradictions. Schématiquement « l’État profond » que l’on qualifie ainsi par commodité, se partage en deux : tout d’abord ceux qui sentent qu’il sera difficile de truquer l’élection présidentielle ou de la reporter, l’acceptabilité par l’opinion étant vertigineusement basse. Les Français n’écoutent plus les stupidités propagandistes d’un système médiatique pourri jusqu’à l’os, et s’informe désormais dans la sphère numérique que ce pouvoir ne peut plus contenir. Ensuite les plus corrompus, souvent d’ailleurs les plus stupides et Dieu sait s’ils sont nombreux, qui sachant que le moindre changement les mettrait à la rue, ne rêvent que d’une chose, continuer à se gaver. Et sont prêts à tout pour conserver leurs gamelles.
Signaux forts et faibles qui racontent cette réalité.
C’est par exemple le grand Orient, par la bouche d’Alain Bauer son ancien grand maître qui fait le tour des de tous les plateaux de télévision pour dire explicitement et trivialement à propos des affaires judiciaires qui secouent l’opinion publique, « que le président de la République devrait la fermer ». On n’est pas plus aimable. Ce sont le premier président de la Cour de cassation et son procureur général qui pondent un communiqué commun pour annoncer que les magistrats ne joueront pas les boucs émissaires des politiques catastrophiques voulues par Macron. C’est d’autant plus significatif que les deux magistrats concernés, ont incarné à la perfection la servilité au locataire de l’Élysée. C’est la nomination du nouveau vice-président du Conseil d’État, imposée à Emmanuel Macron qui n’a pas pu la refuser. Au contraire de celle de la ridicule Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes. Macronnerie qui devrait ailleurs faire long feu une fois le psychopathe de l’Élysée dégagé. C’est Bruno Lemaire, célèbre romancier pornographique, et ministre de l’économie incapable de faire une multiplication qui vient tranquillement nous annoncer que : « Il y a un effondrement de l’État qui disloque la Nation ». S’imaginant, faute avouée étant à moitié pardonnée, qu’il va pouvoir sauver ses fesses, alors qu’il est un des acteurs les plus diligents de cet effondrement. Ce en quoi il se trompe lourdement, le florilège des infractions pénales commises sous sa responsabilité devrait normalement le conduire derrière les barreaux. Pour une période où il pourra rêver longtemps à ces dilatations anales qui semblent le passionner.
C’est la grande muette que l’on entend discrètement grommeler, pendant que son chef, l’inepte colonel soja, démontre par ses interventions, une étonnante capacité à être vertigineusement à côté de la plaque. On pourrait multiplier les exemples de cette contradiction majeure qui traverse le système et qui oppose ceux qui pensent le changement inéluctable et souhaitent s’en tirer, et la troupe hétéroclite des cyniques et des imbéciles désireux que le festin se poursuivre.
Comprenons-nous bien, il ne s’agit pas de prétendre que la messe est dite et qu’il sera facile de se débarrasser de Macron, du macronisme et de ses épigones facilement. Il est cependant nécessaire d’essayer d’analyser la réalité des rapports de force, et de travailler à ce qui doit rester l’objectif principal : faire sauter le verrou Macron. Ce qui sera qu’on le veuille ou non une Libération. Préalable qui ouvrira des possibles. La véritable sortie du cauchemar relevant alors à nouveau de la volonté du peuple français.
Les magistrats français à la croisée des chemins ?
Alors que tous les véritables sondages crédibles (évidemment non publiés) font apparaître inéluctablement un deuxième tour RN/LFI à la présidentielle, il semble bien que l’appareil judiciaire soit hésitant. Mais ces hésitations, constituent qu’on le veuille ou non une nouveauté. Alors, que pendant les 10 ans de son horrible mandat, Macron a toujours pu compter sur eux.
Signaux faibles et signaux forts s’accumulent qui permettent d’abord de constater l’existence de la contradiction. La réaction outrée de l’ensemble du corps, face aux mises en cause politiques du pouvoir fermement décidé, Macron en tête à leur faire porter la responsabilité de l’atroce affaire Lyhanna, est plus que significative, car elle est politique. Le message était clair : « vous voulez nous faire porter le chapeau, alors que le drame est le fruit d’une crise systémique. À la fois d’une justice clochardisée, et d’un abandon de la protection de l’enfance, dont vous les politiques êtes les premiers responsables ». Traduisons-le, mauvaise foi des magistrats comprise : « nous vous avons fait élire, nous vous avons protégé, nous avons mis votre corruption à l’abri, massacré vos oppositions, mais ce n’est pas nous qui avons détruit ce pays ». C’est un peu facile, mais on se rassure comme on peut.
Chacun sait qu’une des techniques de trucage des élections, consiste à instrumentaliser la justice pénale contre les candidats qui gênent. Fillon, Mélenchon, Marine Le Pen trois exemples des plus spectaculaires. Dans la perspective de la présidentielle de 2027, face la multiplication des candidatures, la collusion média-justice habituelle a joué son rôle. Chaque candidat déclaré, s’est rapidement vu prévenir, par une presse oligarchique en mode bonne à tout faire, que chacun d’eux ou à peu près, disposait d’une petite marmite mijotant à feu doux dans différents parquets. Et grossières est récente indulgences judiciaires pour les emblèmes les plus détestables du Macron comme Alexis Kohler Aurore Bergé, ont pu nourrir quelques inquiétudes sur cette prise de distance. Mais est-ce si sûr ?
Marine Le Pen étant disqualifiée, la candidature de Jordan Bardella a commencé à s’imposer. Immédiatement les gazettes nous ont prévenu, lui aussi était « visé » par la justice et « no pasaran » oblige, il aurait droit au tourniquet le moment venu.
Et puis, le climat a commencé à changer. Une impression bizarre s’est installée, que la chasse au Bardella n’avait pas l’air d’enthousiasmer les magistrats français. La presse servile bien sûr, s’est précipité mais les parquets, PNF en tête, ont donné l’impression de regarder ailleurs. On a appris par Radio France, (le fameux service public que le monde nous envie) que Jordan Bardella était « percuté » par une « affaire » judiciaire. Percuté par qui ?
Eh bien, ce sont les instances judiciaires européennes qui s’y sont collées. Le « Parquet européen » notoirement corrompu, et connu pour sa sévérité proverbiale contre Ursula von der Leyen et ses 35 milliards d’euros détournés, ou les voyous du Qatargate vient de se réveiller ! Le voilà qui lance une opération à grand spectacle contre … le probable candidat du RN annoncé entre 35 et 40% au premier tour de la présidentielle française ! Et panique bruxelloise aidant, ils n’ont pas mégoté sur les moyens. C’est tellement grossier, que ça a toutes les chances de tomber dans le vide. Et de toute façon chronologiquement, c’est trop tard.
Alors il a fallu trouver un supplétif français, et sans surprise c’est tombé sur l’association Anticor l’officine créée par le PS. Aujourd’hui parquet privé corrompu de « l’extrême centre », il est connu pour travailler à la commande rémunérée. Il vient de nous déterrer un vieux truc d’il y a 11 ans contre Bardella et se démène pour essayer de le faire plonger. De Radio France à Mediapart toutes les officines médiatiques qui travaillent elles aussi à la commande, sont à la manœuvre, accompagnées malheureusement par tous les imbéciles qui adorent l’arbitraire quand ça « percute » les autres et en particulier Bardella ou Marine Le Pen, nazis bien connus qui mangent les petits enfants, et que ces horribles prolos, que ces petits-bourgeois urbains détestent, soutiennent massivement. Donc Anticor s’agite, mais le moins que l’on puisse dire c’est que pour l’instant l’appareil judiciaire traîne des pieds.
On peut raisonnablement penser que le système voit bien qu’il n’embraye plus sur le réel, et certains secteurs sont au bord de la panique au spectacle du crash qui se rapprochent. On dirait bien que l’appareil judiciaire lui-même, qui fut le levier indispensable et essentiel de la mise en place en 2017 de la solution politique qui a mis le pays au bord du précipice, commence à sérieusement se poser des questions. Il aura beau se poser ces questions dans tous les sens, il sait bien que viendra de toute façon le moment où on lui demandera des comptes. C’est d’ailleurs déjà commencé. Alors quel message la magistrature va-t-elle envoyer au pays avec l’arrêt qui sera rendu le 7 juillet prochain dans l’affaire des attachés parlementaires européens ? Va-t-elle poursuivre dans la voie d’un nouveau coup d’État, va-t-elle se maintenir sur la voie de l’arbitraire, de la violation des principes et de la destruction des libertés publiques ?
Nous examinerons dans une deuxième partie la façon dont se pose le problème sur les plans juridiques et judiciaires. Et ce que dira la décision de la Cour. En essayant de fournir les éléments permettant de l'interpréter. En maintenant l’expulsion de Marine Le Pen et de ses 13 millions d’électeurs populaires du processus démocratique, elle choisirait le macronisme destructeur et sa dérive liberticide vers un fascisme déjà là. En la rétablissant, même de façon bricolée, dans ses prérogatives de leader politique légitime, elle notifierait que pour elle la plaisanterie a assez duré.
Nous commencerons cette deuxième partie en rappelant une fois de plus la responsabilité de la Cour de cassation dans la mise en place d’un système qui viole le principe de la séparation des pouvoirs, la Déclaration de l’Homme et du Citoyen et celle de la Constitution. C’est l’hérésie de l’application radicalement illégale de l’article 432 –15 du code pénal aux parlementaires, véritable attentat contre la démocratie.
Avant de partir, merci de m’offrir un café.
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