Daniel Arnaud est un Français installé en Russie depuis de nombreuses années après avoir également habité l’Ukraine après la chute de l’Union soviétique. Il a collaboré avec notre chaîne YouTube dès son lancement. C’est-à-dire au printemps 2022 afin de tenter de réinformer face à la propagande que l’on a vu déferler sur l’ensemble du système médiatique mainstream.

Nous avions publié le 24 juin dernier la deuxième partie d’un article intitulé : « la guerre des trois aura-t-elle lieu ? »

Point de vue de vue d’occidental grand connaisseur de la Russie, sur le conflit mondial actuellement en cours.

Nous publions aujourd’hui la troisième partie de son travail.

La guerre des trois aura-t-elle lieu ?

Si nous avons évoqué dans la première partie, les ruptures états-uniennes et européennes, nous n’avons pas encore parlé de celles de l’histoire russe. Commençons par une évidence : comparée à l’histoire Russe, depuis le début du XXᵉ siècle, celle de l’Europe et des USA fait figure de promenade de santé. Certes, on objectera que ni la première Guerre mondiale, ni la seconde n’ont été des parties de plaisir. Mais nous parlons ici de comparaison, et il est important de prendre conscience de la dissymétrie des vécus historiques si l’on veut commencer à comprendre la résolution russe dans la guerre qui l’oppose à l’OTAN. Toute analyse du conflit qui ignore que la Russie est prête à prendre le risque nucléaire si elle perçoit le danger d’une défaite stratégique, et qui négligerait les raisons de cette détermination mènerait nécessairement à des conclusions dangereusement fausses. Et c’est précisément l’erreur que font les dirigeants européens aujourd’hui. Ce n’est pas ici le lieu de rentrer dans les détails. Mais rappelons juste très brièvement : désastre militaire de 1905 contre le Japon, et la révolution manquée qui le suit, réprimée dans le sang. Ensuite la première guerre mondiale, durant laquelle les pertes russes atteignent 3 300 000 morts, supérieures à celles de la France et de l’Allemagne. Le conflit mène à la révolution et à la guerre « civile » dans laquelle s’engagent, du côté de Blancs, 15 nations européennes, les mêmes que l’on retrouve aujourd’hui engagées dans la « croisade otanienne » contre la Russie. Elle ajoute environ 7 millions de morts aux 3 300 000 de la première guerre mondiale. Suit l’industrialisation à marche forcée durant laquelle la Russie devenue soviétique parcourt le chemin que les autres nations industrielles ont parcouru en deux siècles. Deuxième conflit mondial durant lequel l’URSS perd près de 30 millions de morts militaires et civils. Et enfin dissolution brutale de l’URSS et crise systémique. Chacune de ces ruptures a revêtu une brutalité supérieure à tout ce que les pays d’Europe ont connu. Mais deux d’entre elles revêtent un caractère d’intérêt particulier dans le cadre de l’analyse présente : la prise de pouvoir des Bolcheviques en 1917, et la dissolution de l’URSS en 1991. Dans les deux cas, en quelques semaines, tous les repères, tous les cadres, les organisations, les habitudes, une grande partie des rituels, qui réglaient l’existence des Russes, sont remplacés. La structure de la société est bouleversée en 1917, puis à nouveau renversée en 1991.

Après la prise de pouvoir des Bolcheviques, non seulement toutes les institutions de l’Empire, ainsi que celles mises en place par le gouvernement provisoire, sont remplacées, mais les bouleversements se poursuivent avec l’industrialisation à marche forcée.

De la troisième Rome au néant

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