Introduction

Voici donc la troisième partie de ce triptyque que j’ai souhaité consacrer à l’événement majeur qui se profile, celui de l’élection présidentielle de 2027, à laquelle Emmanuel Macron, président sortant ne pourra pas se présenter. Utilisant le fameux ouvrage de Curzio Malaparte « Technique du coup d’état », de façon très présomptueuse j’ai présenté ce travail comme trois chapitres ajoutés aux huit que comprenait le livre. (Chapitre neuf ; chapitre 10)

Au-delà de cette (récente) impossibilité constitutionnelle interdisant à Macron de tenter la passe de trois, le système dont il a été le représentant après le coup d’État de 2017 semble totalement à bout de souffle. Le contexte international voit l’Histoire s’accélérer, avec un déclin rapide de la domination occidentale sur le reste du monde, une probable dislocation de l’Union Européenne et ce qui commence à ressembler à un effondrement pour la France.

Après avoir examiné en détail, dans le premier article, la façon dont l’oligarchie avait installé Emmanuel Macron à l’Élysée grâce à un coup d’état minutieusement préparé, nous avons analysé la situation de blocage politique et institutionnel que traverse notre pays, rendant difficile voire impossible la réitération d’un coup d’État. Cela ne veut pas dire que le système Macron aux abois, ne va pas tout tenter pour conserver le pouvoir, que ce soit indirectement par l’élection d’une marionnette docile à ce système, ou pire en appliquant la « jurisprudence Zelinsky » en repoussant l’élection. Avant de nous pencher sur les éléments qui restent à sa disposition, il nous est apparu indispensable de revenir sur la période de 50 ans que la France a connue depuis les événements fondateurs de mai 68. Qui furent à l’origine de l’installation postérieure d’un néolibéralisme libéral libertaire dont l’épisode Macron est le dernier, et probablement ultime, avatar.

Puis nous analyserons les moyens que possède réellement un pouvoir désormais aux abois. Particulièrement dangereux pour cette raison là, la rupture qui se profile mettant en cause des intérêts considérables.

Il est cependant nécessaire de prendre une précaution préalable. Nous allons affirmer un certain nombre de choses. Tout est discutable, bien évidemment, mais aucune des qualifications utilisées n’est lancée au hasard ou de façon désinvolte. L’auteur de ces lignes a beaucoup travaillé depuis une dizaine d’années, depuis que j’ai pris ma retraite d’avocat – et non d’intellectuel portant un regard critique sur l’actualité de mon pays. Mon premier blog, le plus important, s’appelait d’ailleurs Vu du droit : j’y critiquais ce qui se passait dans mon pays et dans le monde, à partir de mon lieu d’énonciation, qui est celui de la compétence juridique.

Je vais donc décrire ce qui nous arrive, avec des qualifications qui peuvent paraître surprenantes, ou discutables. Il est nécessaire de savoir qu’elles sont le fruit d’un long travail. J’ai écrit un livre assez copieux sur les dérives de la justice, Une justice politique, ouvrage de plus de 600 pages paru en 2021, décrivait le dévoiement juridique et judiciaire de mon pays. Ce dévoiement ayant eu des conséquences considérables, la première étant de porter Emmanuel Macron au pouvoir grâce à un incontestable coup d’État, sans lequel il n’aurait pas été possible. Et je poursuis aujourd’hui ce travail parfois volumineux. Qui s’exprime dans la sphère numérique sur différents réseaux articulés désormais autour de Substack : je suis ce qu’on appelle un publiciste. Je l’étais déjà comme avocat spécialisé en droit public ; je le suis désormais au sens où je m’exprime sur ce qui est en train de se passer. Ces précautions étant prises, retour à l’examen de cette matrice chronologique de plus de 50 ans.

De Mai 68 à la fausse alternance

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